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Glossaire

Vous trouverez dans cette page les définitions des principaux termes techniques utilisés dans les différents documents de l’étude.
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Alea
Notion comprenant, pour une parcelle ou un groupe de parcelles données, tout ce qui caractérise l’élément perturbateur conditionné par l’extérieur, susceptible de provoquer des modifications aux sols, à l’écosystème et de porter atteinte aux personnes, aux biens et aux activités.
Les aléas sont, en règle générale, d’origine climatique, à l’exception des incidents dus ou aggravés par des aménagements humains hydrauliques ou non. Leur apparition dans l’espace et le temps est imprévisible.
La notion de risque prend en compte l’alea et la vulnérabilité du site (bien exposés, réactions humaines,...).
Par exemple, l’alea pour une parcelle inondée caractérise la cinétique d’une crue de récurrence donnée : la submersion, la durée, la hauteur d’eau, la vitesse du courant.
Pour les crues torrentielles, le critère "vitesse de montée des eaux" peut également être pris en compte.

Annexes fluviales
Ensemble des zones humides (cf définition) où la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hydrophiles pendant au moins une partie de l’année, en relation permanente ou temporaire avec le milieu courant par des connections soit superficielles soit souterraines : îles, marais, noues, bras morts, prairies inondables, forêts inondables, ripisylves, sources et rivières phréatiques....

Bassin hydrogéologique
Aire de collecte considérée à partir d’un exutoire ou d’un ensemble d’exutoires, limitée par le contour à l’intérieur duquel se rassemblent les eaux qui s’écoulent en souterrain vers cette sortie. La limite est la ligne de partage des eaux souterraines.

Bassin versant
Surface d’alimentation d’un cours d’eau ou d’un lac. Le bassin versant se définit comme l’aire de collecte considérée à partir d’un exutoire, limitée par le contour à l’intérieur duquel se rassemblent les eaux précipitées qui s’écoulent en surface et en souterrain vers cette sortie. Aussi dans un bassin versant, il y a continuité : longitudinale, de l’amont vers l’aval (ruisseaux, rivières, fleuves), latérale, des crêtes vers le fond de la vallée, verticale, des eaux superficielles vers des eaux souterraines et vice versa. Les limites sont la ligne de partage des eaux superficielles.

Coefficient d’écoulement
C’est le rapport de la lame d’eau équivalente sur la hauteur moyenne des précipitations sur le bassin.

Court-circuité
Se dit d’un tronçon de cours d’eau auquel on a soustrait artificiellement tout ou partie de son débit naturel du fait d’aménagements de type prise d’eau, centrale hydroélectrique, etc. (exemples : Rhône court-circuité, tronçon court-circuité). Le débit ainsi utilisé est restitué après utilisation le plus généralement à l’aval, ou, plus rarement, dans un autre cours d’eau.

Crue
Phénomène caractérisé par une montée plus ou moins brutale du niveau d’un cours d’eau, liée à une croissance du débit jusqu’à un niveau maximum. Ce phénomène peut se traduire par un débordement des eaux du lit mineur dans tout ou partie du lit majeur.
Les crues font partie du régime d’un cours d’eau. En situation exceptionnelle, les débordements peuvent devenir dommageables par l’extension et la durée des inondations (en plaine) ou par la violence des courants (crues torrentielles).
Elles sont nécessaires au fonctionnement naturel d’une rivière.

Débits de crue
Débit de crue sur une année : une des manières de caractériser les crues est d’utiliser les débits de pointe, soit en valeurs instantanées (QIX) ou en valeurs journalières (QJX).
Débit de crue sur plusieurs années : à partir d’un échantillon le plus fourni possible de débits de crue, on détermine par une étude statistique la valeur du débit associé à différentes fréquences théoriques de retour (2, 5, 10 ans...).
Par exemple, le débit journalier de crue décennale correspond au débit qui se produit en moyenne 1 fois tous les 10 ans. Cela veut aussi dire qu’il a 1 chance sur 10 de se produire chaque année. Ce résultat statistique doit être systématiquement associé à un intervalle de confiance, qui dépend du nombre d’années disponibles, de leur homogénéité, de la méthode utilisée...

Débit
Volume d’eau qui traverse une section transversale d’un cours d’eau par unité de temps. Les débits des cours d’eau sont exprimés en m3/s avec au minimum trois chiffres significatifs (ex:1,92 m3/s, 19,2 m3/s, 192 m3/s). Pour les petits cours d’eau, ils sont exprimés en l/s. Les débits d’exploitation des eaux pour les usages sont suivant les cas exprimés aussi en m3/min, m3/h, m3/j, m3/an. Il en est de même pour les débits d’eaux souterraines. La précision d’un résultat de débit dépend de nombreux facteurs : type de méthode employée, soin apporté aux mesures, rigueur dans le dépouillement, influence du terrain...

Dommages directs (d’une inondation)
Les dommages directs sont les dommages directement dus à l’action physique de la submersion.

Dommages indirects
Les dommages indirects sont les effets des dommages directs. Ils sont provoqués par la perturbation des activités. On peut diviser les dommages indirects en deux sous catégories :

  • Les impacts indirects dits « primaires », lorsqu’ils sont localisés dans la zone submergée ;
  • Les impacts indirects dits « secondaires », lorsqu’ils se trouvent à l’extérieur de la zone submergée. Ces impacts correspondent aux perturbations induites (Arrêts d’activités et de services, Coupure de voie de communication, Rupture de circuits économiques).

Ces impacts, conditionnés principalement par l’étendue des dommages directs et par la durée de submersion peuvent faire l’objet de compensation de transferts dans le temps et dans l’espace, modification des circuits commerciaux, reports de production, déviation de routes, etc.

Dommages intangibles
Les dommages intangibles correspondent aux impacts qu’on ne peut pas mesurer par une valeur monétaire directe. Ces dommages sont multiples :

  • Pertes en vie humaines (pour les proches des décédés, car pour les assurances, une perte humaine est quantifiable selon divers paramètres) ;
  • Angoisse, stress face à l’évènement ;
  • Rupture du mode de vie et du tissu social ;
  • Isolement ;
  • Pertes de biens irremplaçables (souvenirs, etc.) ;
  • Dommages au patrimoine historique et culturel ;
  • Etc...

Dommages tangibles
Les dommages tangibles sont les dommages causés aux biens ayant une valeur économique mesurable en termes monétaires.

Eaux souterraines
Toutes les eaux se trouvant sous la surface du sol en contact direct avec le sol ou le sous-sol et qui transitent plus ou moins rapidement (jour, mois, année, siècle, millénaire) dans les fissures et les pores en milieu saturé ou non. Directive 80-68-CEE du 17/12/79.

Eau de surface
Toutes les eaux qui s’écoulent ou qui stagnent à la surface de l’écorce terrestre (lithosphère).

Enjeux
Il existe plusieurs types d’enjeux :

  • Les enjeux socio-économiques, caractérisés par le nombre d’habitants, la valeur des bâtiments de toutes sortes, l’activité économique, sociale...
  • Les enjeux écologiques, caractérisés par la qualité du milieu naturel de son fonctionnement, de l’eau aérienne et souterraine, la biodiversité...

Espace alluvial
Terme générique désignant d’une façon générale l’espace construit en fond de vallée par le dépôt des alluvions d’une rivière. Au sens large, il inclue les différents milieux et zonages associés : lit mineur, lit majeur, espace de liberté, annexes etc....

Espace de liberté (des cours d’eau)
Espace du lit majeur à l’intérieur duquel le ou les chenaux fluviaux assurent des translations latérales permettant la mobilisation des sédiments ainsi que le fonctionnement des écosystèmes aquatiques et terrestres.

Expansion des crues
Les zones d’expansion des crues sont des espaces naturels ou aménagés où se répandent les eaux lors du débordement des cours d’eau (lit majeur). L’expansion momentanée des eaux diminue la hauteur maximum de la crue et augmente sa durée d’écoulement. Cette expansion participe à la recharge de la nappe alluviale et au fonctionnement des écosystèmes aquatiques et terrestres. En général, on parle de zone d’expansion des crues pour des secteurs non ou peu urbanisés et peu aménagés.

Géoréférencement
Rattachement de données à des coordonnées géographiques. Les données géoréférencées sont codées à partir d’un Géoïde de référence (Clarke 1880), d’une projection (Lambert II), d’une unité métrique et d’une côte altimétrique exprimée en NGF.

Gradex
En modélisation, le gradex est une hypothèse qui consiste à estimer que tout le volume de pluie au-dessus d’un certain seuil de précipitation qui tombe sur le bassin versant ruisselle et contribue directement à l’hydrogramme de crue.

Inondation
Submersion temporaire par l’eau débordant du lit mineur d’un cours d’eau en période de crue, des zones qui sont situées dans le lit majeur du cours d’eau (ou dans des zones qui ne sont pas normalement submergées, lorsque que des aménagements humains ont contraint l’écoulement naturel des eaux de façon artificielle).
L’inondation peut être provoquée par les eaux d’une rivière en crue et/ou par remontée de nappes, par du ruissellement (issu de précipitations) sur substrat imperméable ou rendu imperméable (saturation). On parle de ruissellement urbain ou rural. Economiquement, on ne parle d’inondation d’une zone, que dans le cas où celle-ci provoque des dommages à des enjeux socio-économiques, écologiques. Il ne faut pas confondre une crue (cause) et une inondation (conséquence).

Lame d’eau (en mm)
Conversion du volume écoulé pendant une période en une hauteur d’eau moyenne sur le bassin versant. Elle permet de faire des bilans hydrologiques de comparaison entre la pluviométrie, l’évapotranspiration, l’infiltration et le ruissellement.

Lit majeur
En Géomorphologie, le lit majeur d’un cours d’eau est l’espace situé entre le lit mineur et la terrasse alluviale. La terrasse alluviale est hors d’atteinte des crues les plus fortes. La granulométrie des sédiments de la terrasse alluviale montre que l’on n’est plus dans le lit majeur.
C’est dans ce lit majeur que s’écoulent toutes les crues. A l’état naturel, le lit majeur est en connexion permanente avec le cours d’eau soit en période de crue, soit par les nappes souterraines, alluviales ou d’accompagnement de la rivière qui s’étendent latéralement de chaque côté du lit mineur.
Dans le bassin de la Marne on retrouve aussi souvent des nappes phréatiques en dessous des cours d’eau, qui alimente ces rivières, lorsqu’elles sont saturées.

Lit mineur
Espace fluvial, formé d’un chenal unique ou de chenaux multiples et de bancs de sables ou galets, recouverts par les eaux coulant à pleins bords avant débordement.

Noue
Terme consacré dans le bassin de la Seine aux annexes fluviales :

  • bras secondaire obturé à l’amont, soit naturellement, soit par une digue submersible,
  • bras mort ;
  • bras isolé ;
  • ancien méandre.

Ces formations constituent des zones de reproduction et de croissance pour une multitude d’espèces, et des zones refuge en cas de pollution. Leur degré de vieillissement dépend directement des conditions de leur alimentation en eau (alimentation permanente par de l’eau superficielle ou souterraine, intermittente lors des crues...).

Nappe d’accompagnement
Il s’agit de la nappe d’eau souterraine en connexion hydraulique avec le cours d’eau. Cette définition est actuellement insatisfaisante dans un certain nombre de cas, et elle devra être remplacée par une méthode de définition des cas où doit être évoquée la notion de nappe d’accompagnement
(source : Direction de l’Eau du Ministère de l’Environnement).

Nappe alluviale
Volume d’eau souterraine contenu dans des terrains alluviaux, en général libre et souvent en relation avec un cours d’eau.

Nappe phréatique
Première nappe rencontrée lors du creusement d’un puits. Nappe généralement libre, c’est-à-dire dont la surface est à la pression atmosphérique. Elle peut également être en charge (sous pression) si les terrains de couverture sont peu perméables. Elle circule, lorsqu’elle est libre, dans un aquifère comportant une zone non saturée proche du niveau du sol.

Récurrence
Se définit par rapport à la fréquence.
La fréquence d’un évènement est la probabilité pour qu’advienne chaque année cet évènement. Par exemple, une crue de fréquence 0,01 à une chance sur 100 d’intervenir chaque année (on parlera de crue centennale).
La période de retour (ou récurrence) est l’inverse de la fréquence.
Pour cette même crue de fréquence 0,01, la période de retour (récurrence) sera de 100 ans. Elle est calculée en fonction d’une série statistique plus ou moins longue qui aura permis de faire une moyenne sur 100 ans, mais qui ne retranscrira pas forcément la réalité.
Il faut donc toujours garder à l’esprit que lorsqu’une crue "centennale" vient de se produire, cela ne veut pas dire que la prochaine se reproduira dans 100 ans, mais qu’en fait cette même crue a, dès l’année suivante, une chance sur 100 de se reproduire.

Relation rivière-nappe
Echange d’eau dans un sens ou dans l’autre entre une nappe et un cours d’eau. Suivant le niveau de la ligne d’eau, et les saisons, la nappe alimente le cours d’eau ou est alimentée par celui-ci notamment lors des inondations. Dans le cas de karst ces relations sont importantes et localisées.

Risque d’inondation
La définition du terme "risque" fait appel à plusieurs notions. Généralement on défini le risque comme le produit de la rencontre d’un aléa avec une ou des vulnérabilités. L’aléa étant la manifestation naturelle ou influencée d’un événement (précipitations, ruissellement, crues) et les vulnérabilités* sont, soient les conséquences socio-économiques, écologiques de cet aléa sur les enjeux, soit la capacité d’un système touché (la société et son milieu) à se remettre rapidement d’un événement hydrologique.

Syndicat de rivière
Regroupement de collectivités territoriales (communes, syndicats intercommunaux, départements) compétentes géographiquement pour mener des actions concernant la gestion de la rivière et de ses affluents (assainissement, restauration des milieux, travaux d’entretien, animation de la politique locale sur ce thème, etc.) sur un bassin versant ou une partie importante de celui-ci. Leur appellation peut varier :

  • SIAH - syndicat intercommunal d’aménagement hydraulique ;
  • SIETE - Syndicat intercommunal d’études et de travaux d’entretien ;
  • Syndicat mixte de bassin versant ;
  • Etc....

Têtes de bassin
Parties amont des bassins versants et par extension tronçons amont des rivières qui, en zone de relief notamment, sont le plus souvent moins exposés aux pressions anthropiques que les parties aval et qui de ce point de vue constituent des secteurs de référence tout à fait importants et donc à préserver.

Vulnérabilités
La vulnérabilité est une notion qui peut être définie selon deux catégories :

  • Une analytique, correspond à la définition utilisée par les ministères. Elle exprime le niveau de conséquences socio-économiques, écologiques prévisibles d’un phénomène d’origine naturelle sur les enjeux, (les enjeux étant le domaine affecté par le risque : les hommes, leurs biens et les milieux dans lequel ils vivent) ;
  • Une systémique, traduit la fragilité d’un système dans son ensemble, et de manière indirecte sa capacité à surmonter la crise provoquée par un aléa. Plus une société est apte à se rétablir rapidement après une catastrophe, moins elle est vulnérable.

Vulnérabilité écologique
Pour un milieu naturel (dans notre cas, les zones humides, les zones naturelles situées en lit majeur des cours d’eau), elle exprime les nuisances attendues en cas d’aménagement ne respectant pas son rôle, son fonctionnement :

  • Filtration insuffisante des polluants ;
  • Capacité de stockage de l’eau insuffisante ou inexistante ;
  • Restitution de l’eau à la rivière insuffisante ;
  • Assèchement, déconnexion de la zone au cours d’eau ;
  • Peu ou pas de possibilité de développement de faune et flore aquatique ;
  • Etc...

Vulnérabilité socio-économique
Pour une société, elle exprime les nuisances attendues dans les zones inondables et au delà qui nuisent au fonctionnement de la société :

  • Dommages directs et indirects aux secteurs privés et publics ;
  • Dommages tangibles et intangibles aux secteurs privés et publics ;

Zone humide
"Terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire".
Ces zones sont des espaces de transition entre la terre et l’eau (ce sont des écotones). Comme tous ces types d’espaces particuliers, elles présentent une forte potentialité biologique (faune et flore spécifiques). Elles servent notamment d’étape migratoire, de lieu de reproduction et/ou d’hivernage pour de nombreuses espèces d’oiseaux d’eau et de poissons, chaque zone humide constituant ainsi le maillon d’une chaîne (ou corridor) indispensable à la survie de ces espèces. En outre, elles ont un rôle particulièrement important de régulation de l’écoulement et d’amélioration de la qualité des eaux. Article 2 de la loi sur l’eau 92 - 3.

Zone inondable
Dans une première définition, on peut parler de zone de lit majeur d’un cours d’eau, étant donc soumise à la manifestation ponctuelle d’un aléa (crue, ruissellement) et sur laquelle peuvent se trouver des enjeux socio-économiques, écologiques.
La zone inondable de lit majeur joue un rôle important dans le stockage des eaux de crues et de ruissellement. En théorie, la zone inondable correspond à la superficie du lit majeur d’un cours d’eau.
On peut aussi parler de zone inondable pour un espace qui ne fait pas partie du lit majeur d’un cours d’eau mais qui subi quand même des inondations :

  • Un espace imperméabilisé : la voirie, un parking, un champ en pente ;
  • Un espace urbanisé, dont le réseau d’écoulement pluvial n’est pas suffisamment dimensionné ;
  • Etc...